Interview de Maegashira Kakuryu (May
2008)
Harumi Hotta et Martina Lunau
Merci pour la
traduction à Le Monde du
Sumo
Quand avez-vous décidé de
devenir un lutteur de sumo ?
Kakuryu : Le sumo a commencé Ã
être diffusé en Mongolie à l'époque où Kyokutenho est devenu
sekitori. Je regardais les programmes quand ils passaient Ã
la télévision, à n'importe quelle heure; et puis, un jour,
j'ai décidé de devenir lutteur de sumo.
Pourquoi avez-vous choisi de faire du sumo votre métier ?
Kakuryu : Je jouais au
basket-ball, mais je savais bien que je ne pourrais pas en
vivre. Je me demandais alors ce que je pourrais faire
d'autre, et j'ai pensé devenir lutteur de sumo.

Est-il vrai que vous avez envoyé une lettre à la Nihon Sumo
Kyokai pour qu'ils vous recrutent?
Kakuryu : Oui.
Pourquoi avez-vous choisi l'Izutsu beya ?
Kakuryu : Je ne savais pas Ã
quelle heya j'appartiendrais. J'ai reçu une réponse, non pas
de la NSK, mais d'une personne proche d'Izutsu oyakata.
C'est pour cela que j'ai intégré l'Izutsu beya quand je suis
arrivé au Japon.
Qu'ont pensé vos parents de votre départ au Japon pour
devenir lutteur de sumo?
Kakuryu : Je ne sais pas ... mais
ils m'ont beaucoup encouragé.
Quelle fut votre première impression du Japon ?
Kakuryu : Quand je suis descendu
de l'avion, j'ai eu l'impression que l'air était très
pollué ... je me suis tout de suite senti mal.
D'un autre côté, j'ai pensé que
tout le reste était très propre, avec de beaux bâtiments, de
belles routes ...

Avez-vous éprouvé des difficultés d'adaptation? Et quand
vous avez commencé à apprécier votre nouvelle vie au Japon,
qu'est-ce qui vous a plu?
Kakuryu : Je ne parlais pas un
mot de japonais, et c'était très dur pour moi. Mais au fur
et à mesure que j'ai appris la langue, j'ai pu communiquer
avec les autres occupants de la heya, et c'est là que j'ai
commencé à apprécier ma vie au Japon.
Combien pesiez-vous à votre arrivée au Japon ? Comment
avez-vous gagné du poids?
Kakuryu : Je ne pesais que 72
kg. Je supportais mal la nourriture japonaise ... alors des
rikishi plus anciens m'ont conseillé de prendre des
protéines. Puis, après quelque temps, j'ai commencé à manger
beaucoup plus.

Qui vous a enseigné le japonais
?
Kakuryu : J'avais acheté en
Mongolie un livre bilingue en mongol et en japonais, et je
l'ai pris avec moi. Au début, je montrais les images et on
me donnait la traduction.
Et puis ... je regardais souvent la
télévision, et je questionnais mes aînés sur les mot ou
expressions que je pensais avoir reconnus dans les
émissions. En fait, j'ai appris la langue dans la vie de
tous les jours.
Quel rikishi prenez-vous comme
exemple ?
Kakuryu : Je ne suis pas très
gros, alors j'aime bien Terao, Takanohana et Chiyonofuji.
Ils sont devenus de grands rikishi même s'ils n'ont pas pris
beaucoup de poids.

Comment vous préparez-vous à votre combat du lendemain ?
Kakuryu : Je regarde des vidéos
de mes confrontations passées contre cet adversaire. Je
regarde également en vidéo les combats de ce rikishi depuis
le début du basho.
Vous rendez-vous souvent aux
degeiko ?
Kakuryu : Ca dépend de mon
emploi du temps. Je vais aux degeiko plus souvent quand un
basho approche. Je m'entraîne fréquemment à la Tokitsukaze
beya.

Quelle est votre technique favorite ?
Kakuryu : Uwatedashinage.
Comment vous décririez-vous ?
Kakuryu : Mmmm ... Les gens pensent
que je suis discret et poli ... Je ne sais pas ... Je suis un peu
timide quand je rencontre des gens pour la première fois.

A quoi occupez-vous votre temps
libre ?
Kakuryu : Je regarde du sport ou
des films, et je lis des livres mongols.
Quels sont votre plat et votre
boisson favoris ?
Kakuryu : J'aime bien la viande ...
et la bière.

Et que n'aimez-vous pas ?
Kakuryu : Rien, j'aime presque
tout.
Retournez-vous fréquemment en Mongolie ?
Kakuryu : Quand je suis devenu
sekitori, j'ai pu décider de retourner en Mongolie quand je
le souhaitais. Mais en fait, je n'y retourne qu'une fois par
an, après le Nagoya basho ... c'est la meilleure saison.

Et que faites-vous quand vous
retournez en Mongolie ?
Kakuryu : Je passe du temps avec
ma famille, mes proches et mes amis ... et j'essaie de fuir les
médias.
Quel rikishi en activité
admirez-vous ?
Kakuryu : Les deux yokozuna.

Quel rikishi n'aimez-vous pas
affronter ?
Kakuryu : Je n'ai pas de bête
noire. Et de toute façon, vous savez, je n'ai pas le choix,
je suis bien obligé de combattre tous ceux qui se présentent
face à moi. Alors je ne m'en soucie pas.
Qui est votre plus grand rival
dans votre ascension dans le banzuke ?
Kakuryu : Les rikishi qui ont
plus ou moins le même âge que moi, Kisenosato, Ama ... Je ne
veux pas perdre contre eux.

Vous avez fait un sacré bond
dans le banzuke récemment. Nous pensons que vous deviendrez
ozeki un jour – et nous espérons bientôt ... Quel est votre
rêve ?
Kakuryu : Je me concentre sur
chaque combat ... l'un après l'autre. J'ai un rêve, mais on m'a
dit qu'il ne deviendrait jamais réalité si je le racontais ...
alors ça reste un secret.
Mais si je continue à me
concentrer sur chacun de mes combats, alors je sais que mon
rêve deviendra un jour réalité.
Voulez-vous dire quelque chose à vos fans à travers le
monde ?
Kakuryu : Je fais de mon mieux
pour vous montrer mon meilleur sumo !
Merci beaucoup, et "ganbatte
kudasai" !
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